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Mardi 20 mai 1919

Abus chez les gouvernants, excès chez le peuple.

 

Les Allemands travaillent beaucoup chez nous à la révolution, mais il n’y travaillent pas seuls. Tout ceux qui ont mal agi, spéculateurs, embusqués, égoïstes, traîtres de toutes sortes, gourvernants (sic) et magistrats complices collaborent activement à notre ruine. Agir dans son intérêt exclusif et [immédiant ?], contre l’intérêt général et constant, c’est en définitive travailler contre soi.

 

Élevée douillet[t]ement, je me suis trouvée à 16 ans précipitée dans une âpre lutte pour laquelle je n’étais pas armée. J’ai donc ramassé l’outil que j’ai trouvé à ma portée mais je m’en suis mal servie un certain temps, faute d’apprentissage, et j’ai dû déployer plus d’énergie que mes collègues et user plus vite mes forces.

 

Nous jetons le trouble, la désunion chez nos ennemis, ils en font autant chez nous, double faute dont aucune conséquence ne sera épargnée aux uns et aux autres…

Le Nouveau Monde calcule peut-être que les dissensions de l’Europe lui seront profitables. Petit profit passager une catégorie grosse perte au total pour l’humanité.

 

Peuples fourvoyés, corrompus, vous êtes à plaindre !

 

1789 – 1830 – 1848. Une, deux, trois révolutions. Combien faudra-t-il de vaccinations pour que nous soyons à l’abri de la maladie ? Ce vaccin-là semble bien n’avoir comme celui de la variole qu’une efficacité temporaire.

 

Comme la terre, il y a une cinquantaine de siècles, l’humanité en est-elle à l’ère des grands bouleversements ? Des éruptions volcaniques et des dislocations où les sommets s’écroulent et les bas-fonds émergent ? Les secousses sociales, telles les secousses sismiques, vont-elles détruire les édifices péniblement élevés.

Civilisation ? Non, période pré-civilisée.

La civilisation fleurira-t-elle jamais ? L’homme est-il indéfiniment perfectible ? Aucun être ne l’est.

Ère de sauvagerie primitive, ère des invasions et de révolutions, séries de guerres. L’homme d’autrefois était mieux inspiré qui mettait son espoir dans un au-delà imprécis. Celui d’aujourd’hui cherche le bonheur ici-bas et s’étonnant, s’exaspérant de ne pas l’y trouver, se meurtrit, s’affole, comme un insecte qui ne comprend pas qu’une vitre invisible le sépare de l’espace et de la liberté.

 

Pourquoi le mieux est-il d’un enfantement si douloureux ? Il tue sa mère en naissant et s’élève dans l’adversité, orphelin, bâtard souffreteux, aigri et maladroit jusqu’au jour où la compréhension et la pitié, changent son animosité en bienfaisance.

 

Ouvrons un grand livre à la Société des Nations ; toute bien faite figure au doit. Depuis la Terre entière et les trésors qu’elle renferme jusqu’au moindre bibelot artistique forment son actif. Toute production bien confectionnée s’inscrira à l’avoir ; tout ravage, toute prédation, tout gaspillage au doit.

Destruction de la cathédrale de Reims ; de l’université de Louvain ; perte irréparable pour la société. Découverte d’un sérum par un savant teuton ; profit pour elle.

Cette société existe mais elle fait souvent faillite parce qu’elle gère mal ses intérêts ; et parce que patrons et commis sont en lutte.

On mettra à l’avoir ce qui profite à tous.

Allemand, tu ne t’es pas enrichi par destruction de la cathédrale de Reims ; homme tu t’es appauvri.