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Dimanche 23 août 1914

Les Allemands mettent des femmes toutes nues : les créatures fardées en toilettes extravagantes, parfois indécentes, qu’on voit trottiner, forcées par leurs hauts talons et leurs étroites jupes à marcher comme des chinoises aux petits pieds, mériteraient bien ce traitement. Elles sont odieuses et resteraient grotesques même dans la plus tragique situation, dans la fuite, dans la mort. Avec un accoutrement pareil, peut-on rendre le moindre service aux autres, voire à soi-même ? La fleur au corsage me semble aussi déplacée. Les fleurs de France, on ne doit les mettre en ce moment qu’aux pieds des autels et au chevet des blessés.

C’est le recul après la pénible conquête, la reprise de Mulhouse par l’envahissement de l’héroïque Belgique.
Les Allemands rentrent à Mulhouse.
La Belgique est envahie malgré une lutte héroïque.
Quel flux et quel reflux d’espoir et de déceptions, les journaux nous apportent chaque jour ; quelle mêlée de souffrance, de colère et d’admiration, ils soulèvent ; et nous, en nos âmes, sentons bien qu’on nous cache les faits les plus alarmants ! Et nous sentons bien aussi que le mieux est encore de faire crédit à ceux dont nous commençons à douter. Pour ne pas agiter la foule capable de tous les errements, nous devons affecter la confiance envers ceux dont nous commençons à douter.
Nul ne sais où sont nos soldats ; ils n’ont pas le droit de nous en informer ; soit ; mais les courts billets où ils donnent de leurs nouvelles n’arrivent souvent pas et de leur côté, ils ne reçoivent aucunes des lettres qu’on leur envoie.

Là-bas, vers Charleroi, c’est un monstrueux carnage où l’acier, le feu, les moyens de destruction les plus variés, les plus perfectionnés, la rage inhumaine et le courage surhumain collaborent à l’envie… Des cités belges et de leurs habitants, l’infirmité, la mort… C’est l’amoncellement des ruines, les cités incendiées croulant sur les champs ravagés, le massacre et la fuite des habitants et finalement les charniers pestilentiels.
Un insuccès pour nous ; c’est l’insuccès, par suite la menace de maux effroyables pour les temps qui vont suivre.

Dans un vieux petit livre, qui me tombe sous la main, se trouvent des histoires édifiantes qui prennent en ce moment un sens ironique.

Carte postale. Collection Jean-Louis Ladeuil.

Carte postale. Collection Jean-Louis Ladeuil.

 

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Le contrôle postal

Les premières instructions sur le contrôle postal datent de juillet 1915, même si dès 1914, les soldats savent qu’ils ont une obligation de réserve, renforcée par le souci de rassurer les destinataires.
Les instructions générales du 1er décembre 1916 en exposent les missions et organisent en détail les commissions chargées de passer en revue des dizaines de milliers de lettres chaque semaine. Institué au départ pour lutter contre l’espionnage, parer aux indiscrétions et renseigner le commandement sur l’état moral des soldats, de la population et la situation matérielle des troupes, il jouera ensuite le rôle d’un organe de censure.