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Lundi 5 octobre 1914

En même temps que leurs hordes armées, on chassera de France tous leurs marchands de pacotille, de hideurs et de lourdeurs, artistes, ingénieurs, critiques, philosophes. Allons ! « herr » professeur de la kultur deutsch, von Stenger, Wagner, Schopenhauer, Nietzsche, Fichte, Kant, fiche ton camp !

Lettre de Paul A. sur les blessés et les médecins allemands de Saint-Yrieix.

[Depuis le 1er octobre,] passage de troupes hindous.
Frères lointains qui viennent lutter et mourir aux lieux où s’établirent jadis leurs parents migrateurs. Sous le détestable gouvernement de Louis XV, ils auraient pu venir en fils adoptifs de la France comme les Arabes et les Sénégalais.
Le terne costume militaire moderne kaki jure comme un anachronisme sur ces hommes restés antiques et primitifs. Un turban kaki est-ce vraiment un turban ? Parlez-moi du rajah en robe bleue de ciel bordée de pourpre et en turban de cachemire piment !
Toutes sortes de régiments hindous défilent en gare : fantassins, cavaliers accompagnant leurs fines mules grises,  debout sur la plateforme où s’alignent canons et mitrailleuses. Spectacle étrange ! Ces hommes venus de si loin, heureux et fiers de combattre avec nous. Et ne seront-ils pas plus troublés par la formidable artillerie allemande que nos héroïques pioupious ? Et le climat ne les décimera-t-il pas ? Je les plains ces frères lointains qui viennent souffrir, périr chez nous où on ne les comprend même pas. En leur serrant la main, en leur souhaitant « Welcome ! » et « Good luck ! », j’ai les yeux humides. Tous s’ingénient à nous témoigner leur sympathie : poignées de main, hurrahs !, menus présents, geste de couper le cou aux Germains, exécution de « La Marseillaise » par leur musique, adieux prolongés se succèdent. Beaucoup ont des gestes charmants et touchants : ils nous distribuent des fruits en gerbes, des gâteaux indous. L’un d’eux, qui parle bien l’anglais et auquel j’ai félicité et assuré de la victoire, ôte une bague et me la donne me recommandant de la porter toujours sur mon cœur. Je n’aurais pas supposé qu’un de ces guerriers bronzés put être si sentimental ! Sous toutes les latitudes, la guerre fait exploser les passions et les sentiments comprimés au fond des cœurs.
Air joué pas eux rappelant tout à fait : « Dintz la roubiera de Lissac ».

 

La Croix de la Corrèze, 18 octobre 1914. Archives municipales de Brive, 8 S 988.

La Croix de la Corrèze, 18 octobre 1914.
Archives municipales de Brive, 8 S 988.

 

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Troupes coloniales

Carte postale. Archives municipales de Brive, 37 Fi 834.

Carte postale. Archives municipales de Brive, 37 Fi 834.

L’empire colonial français a été mobilisé pour envoyer des soldats sur le front : 135 000 tirailleurs sénégalais, 213 000 Nord-Africains et quelque 80 000 Indochinois et Malgaches ont ainsi combattu en métropole.
Parmi les « coloniaux » qui ont transité par Limoges et sa région militaire, se trouvaient plusieurs milliers de soldats appartenant au 7e régiment de tirailleurs algériens, au 4e régiment de tirailleurs tunisiens ainsi qu’au 34e bataillon de tirailleurs sénégalais.

Texte rédigé par les élèves de seconde du lycée Cabanis lors d’ateliers aux archives municipales de Brive en 2014.

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La Croix de la Corrèze, 25 octobre 1914. Archives municipales de Brive, 8 S 989.

La Croix de la Corrèze, 25 octobre 1914.
Archives municipales de Brive, 8 S 989.

 

Carte postale. Archives municipales de Brive, 37 Fi 794.

Carte postale. Archives municipales de Brive, 37 Fi 794.

 

Artilleur

Militaire qui sert dans l’artillerie, arme désignant l’ensemble des bouches à feu, des munitions et des matériels chargés de leur transport.

Texte rédigé par les élèves de seconde du lycée Cabanis lors d’ateliers aux archives municipales de Brive en 2014.