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Mardi 18 août 1914

La population est jusqu’à présent d’une sagesse admirable ; la gêne, l’absence peut-être définitive des êtres chers, des soutiens de famille. C’est le chômage, nul ne se révolte. On réquisitionne chez les paysans denrées, bestiaux, bêtes de trait, qu’on ne payera qu’après la guerre ; on met l’embargo sur le bétail en foire ; les braves campagnards se soumettent à tout.
Pourtant, une Bordelaise du peuple m’a paru très excitée. Les ouvriers n’ont à Bordeaux ni travail, ni pain. Si cela dure, a-t-elle dit, il y aura une révolution.
Dans cette ville, en effet, même à la table des riches le pain a manqué, un ou deux jours, non faute de grains, mais faute de bras pour le moudre. Les pêches, les poires s’y payent 3 sous pièces ; ici, pays de production, la récolte étant merveilleuse et l’exportation impossible, nous achetons les plus belles pêches 3 sous la douzaine ; on ne ramasse même plus les fruits qui tombent des arbres surchargés ! La viande, les œufs ont baissé de moitié, tandis qu’ils augmentent ailleurs. Les denrées sont près de retrouver le prix qu’elles avaient avant l’établissement du chemin de fer.
Les Allemands ne relatent que nos succès ; démoralisés par leurs mécomptes et par l’élan des Belges et des Français, reculent petit à petit ; mais en se retirant, ils incendient et massacrent. Que de martyrs, hommes, femmes, petits enfants même ! Ce n’est plus la guerre, c’est un carnage de tigres. Quand donc l’Alsace et la Belgique seront-elles délivrées ?

Les réquisitions de denrées

Alimenter les soldats sur le front induit également des réquisitions de denrées agricoles. Selon une délibération du conseil municipal de Brive en date du 3 juillet 1915, la cité a dû fournir 2 071 bovins, 2 009 moutons, 1 653 porcs et prêt de 8 000 quintaux métriques de céréales, le tout étant estimé à la somme de 8 000 F.

Texte rédigé par les élèves de seconde du lycée Cabanis lors d’ateliers aux archives municipales de Brive en 2014.

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L’alimentation

La mobilisation ne manque pas de perturber la production agricole. Les hommes n’étant plus là, les femmes doivent travailler la terre et sont également contraintes à pétrir puis à faire cuire le pain.
Celui-ci reste une denrée essentielle. Aussi fait-il l’objet d’une attention toute particulière de la part des pouvoirs publics, au même titre, d’ailleurs, que le lait. Afin d’éviter une trop grande pénurie et le développement du marché noir, son prix est encadré : à partir du 4 septembre 1914, il est fixé entre 0,38 F et 0,40 F le kg par la municipalité de Brive. En 1916, le pain dit « national » est créé. C’est un mélange de différents blés qui met un terme à la domination du pain « blanc » de froment. En 1917, par delà les restrictions, la farine et le pain seront rationnés et apparaîtront des cartes de ravitaillement.

Texte rédigé par les élèves de seconde du lycée Cabanis lors d’ateliers aux archives municipales de Brive en 2014.