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Samedi 10 juin 1916

Comment on entend, lorsqu’on veille un malade, dans le silence de la nuit, le tic tac fatal d’une horloge. Deux mots tintent dans mes pensées dès que la 22e heure interrompt mon labeur absorbant : « Verdun… nos soldats… nos soldats… Verdun… »

Les hommes sont en mer ; en perdition. Le bateau de sauvetage est parti. Ultime, unique espoir. Cette houle de tempête où les vagues géantes poussent les deux bateaux, tantôt vers le rivage, tantôt vers l’écueil et le gouffre, les entraînent, soulèvent pour mieux les précipiter vers les bas fonds, ou les recouvrent, menacent de les engloutir, les [illisible] disparaissent et reparaissent. Du rivage, les femmes regardent dans une angoisse, une anxiété inexprimable, pleurant, priant, invoquant tous les saints, voyant impuissantes, périr ceux qu’elles chérissent.
L’horreur de telles heures, nous la vivons depuis deux ans, accrue, multipliée démesurément par l’idée que le cataclysme s’étend à des millions d’êtres qu’elle fut volontairement [illisible] par quelques pouvait être épargnée.

Comment peut-on vivre si longtemps dans ces affres mortelles ?

Conscients des services qu’ils rendent, nos défenseurs en prennent à leur aise avec les règlements.
Des permissionnaires montent dans un  de première où se trouve un officier très élégant. « Vous n’avez pas le droit de monter en premières », remarque l’officier. Le poilu qui s’avance en tête, salue militairement : « Mon Capitaine, à Verdun, je suis en premières », et il s’assied, imité par les autres.
Hier, notre commandant de place, pointilleux et vétilleux, croise un poilu de passage qui oublie de le saluer. « Eh bien ? Qu’est-ce que c’est ? On ne salue pas ses chefs ? Votre nom ? » Le poilu regarde le commandant et goguenard : « C’est-il que vous voulez m’envoyer des cartes postales ? Merci, j’ai une marraine. » Et il s’esquive laissant le commandant estomaqué.
Ces répliques, du reste, font plus d’honneur à l’esprit de nos soldats qu’à leur sagesse.

 

 

Vagon

Francisation de l’anglais wagon en usage au XIXe siècle.