Vendredi 16 février 1917

 

Je cherche une marraine pour un  de la classe 17, un jeune réfugié bien élevé, intelligent, qui ne reçoit jamais un mot de personne ; mais  a une demi-douzaine de protégés ; son dernier filleul est un journaliste catalan, Martial Ferrer qui, voyant son journal acheté par les Boches, a donné sa démission et s’est engagé dans l’armée française.
Blessé, en traitement dans un hôpital de la région lyonnaise, il méritait bien la belle et bonne marraine qu’il a. Hélène aussi a un filleul mais très original. S’étant promis d’être la plus « gâteau » des marraines, elle lui envoie chaque jour un colis ; sentimental, le soldat répond aux lettres mais retourne chaque jour le colis. « Gardez-le pour vos camarades », supplie la marraine. « Mes camarades sont comme moi, nourris par l’État et n’ont pas besoin de colis », réplique ce filleul désintéressé. Lequel des deux s’obstinera le plus ? Les paris sont ouverts. Moi, je parie pour le poilu : c’est un Breton. Hélène m’offre pour mon bluet une de ses amies, malheureusement très changeante. Je reste indécise et perplexe… Je ne peux pourtant pas en adopter encore un ! Enfin, Yvonne ne sait pas si son filleul est mort ou vivant : depuis un mois, elle est sans nouvelles de lui.

L’illustration, collection archives de Brive, 30C100

L’Illustration, collection archives municipales Brive, 30C100

Bluet

Bleuet. Surnom donné par les premiers poilus (porteurs des pantalons « rouge garance ») aux jeunes recrues (à partir de la classe 1915), vêtues de l'uniforme bleu horizon.

Marguerite Priolo-Gaillot (1890-1955)

Fille du docteur Prioleau, elle devient à l'âge de 19 ans reine du Félibrige limousin. Pendant le première guerre mondiale, elle s'engage comme infirmière à la Croix-Rouge de Brive.

En savoir plus