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Mardi 1er octobre 1918

 

La Serbie a entendu le : « Debout les morts ! » Du tombeau que les bourreaux Austro-allemands croyaient avoir scellé, elle sort glorieuse, l’épée flamboyante au poing ; suivie des fils de France, elle met en fuite les persécuteurs et leurs complices. Froid officier serbe de mars 1915, au cri de « Vive la Serbie ! » jeté par des lèvres françaises ne répondras-tu pas maintenant par un : « Vive la France ? »

 

À l’hôpital, c’est une pitié : les salles, les vestibules sont bondés de malades ; sur trois religieuses ou infirmières, il n’en reste plus qu’une debout. Il faut sans cesse administrer des moribonds, et le glas sonne plusieurs fois par jour. On se sent devenir sœur de charité à cet aspect. Les salles de ces malades sont plus tristes que celles des blessés.

 

Quelle est cette épidémie qui ravage l’Europe et qui éprouve si durement notre cité ? Toute une famille est frappée en même temps et les décès s’y succèdent parfois. À l’hôpital, des soldats, des religieuses succombent.

Les médecins.

Dans la rue, on les arrête, on les supplie de venir voir des malades. Dès que la lampe de leur cabinet s’allume, quelqu’un sonne à leur porte… Or jamais je ne vis moins de mouches et d’autres vermines que cette année ; la rigueur de l’hiver les a fait presque disparaître.

Grippe, dit-on ; oui, mais souvent pleurésie purulente. Serait-ce la peste pulmonaire de Mandchourie ? C’est très contagieux qui sévit qui la guerre russo-japonaise (sic). Dans la maison, j’ai seule échappé jusqu’à ce jour, quoique les devoirs de bon voisinage m’amènent chez les malades plusieurs fois par jour. La plus atteinte, Cécile la petite Parisienne recueillie, me témoigne même sa gratitude en m’embrassant !

 

Peut-être les gargarismes à l’eau salée et mentholée ou à l’eau phéniquée et les badigeonnages à la vaseline mentholée m’ont-ils protégée ?

La population effrayée amplifie les rumeurs alarmantes, le chiffre des morts, et prend des précautions puériles tout en négligeant l’hygiène. Les ménagères confectionnent force sachets de camphre et se croient mieux protégées.

Cependant, je constate au cimetière les ravages produits : ce sont des rangées entières, non des tombes nouvelles qui tous les huit jours s’allignent (sic) auprès du tertre où je vais m’agenouiller.

L’épidémie était d’ailleurs une invasion prévue, inévitable avec les angoisses déprimantes, le brassage général des peuples, une alimentation et des conditions de vie défectueuses, dans un air empoisonné par des émanations cadavériques et des gaz noscifs (sic).