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Jeudi 20 septembre 1917

Des papillons collés aux murs invitaient ces jours-ci les employés de commerce à se syndiquer. Ne voyant que l’intérêt immédiat, ils se sont hâtés de suivre le conseil. Un ultimatum est envoyé aux patrons : 50 F d’augmentation mensuelle avec effet rétrospectif ou la grève. Certes, la demande d’augmentation de salaire est justifiée par la cherté de la vie. Mais qui dirige ce mouvement syndicaliste avec cette brutalité ? N’est-ce pas une armée de guerre civile qu’on veut créer ? La main boche bien autrement redoutable que la Main Noire ne tire-t-elle pas ainsi les ficelles : d’un nouveau piège ?

Chez le gros bonnetier A., des écrits injurieux et menaçants étaient répandus dans tous les coins. Le coupable ne s’étant point dénoncé, le patron a mis tout le personnel à la porte. Les patrons ont résolu de ne rien répondre à la communication envoyée à cause de sa forme impérieuse.

 

Alcooliques. 10 h 30 du soir. Braillements, discussions de voix avinées, une demi-douzaine de soldats sortent du caboulot voisin. L’un d’eux, plus saoul, est porté à califourchon par un autre qui titube. Soudain, double chute sur le pavé et cris affreux : « Ma jambe ! Oh ! Ma jambe ! J’ai la jambe cassée ! Volaille, tu m’as estropié. » L’ivrogne tombé avec son porteur tente vainement de se lever. « Ne me laissez pas là ! Oh ma jambe ! » La voix avinée hurle sans répit. Les autres soulards s’efforcent de traîner l’homme qui a bien réellement la jambe rompue. « Ne me lâchez pas ! Oh ma jambe ! » Au sommet de la rue, leurs cris et leurs jurons s’éteignent.

Lâches, traîtres, les gouvernants qui laissent ouverts les bouges, antichambres d’hôpitaux, de bagnes et de cabanons